Le 10 juin 2026, le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, François Bonnardel, a annoncé la réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une période de 2 ans. Elle s’étend du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028.
Cette annonce représente une nouvelle importante pour plusieurs personnes qui souhaitent s’établir de façon permanente au Québec, notamment les diplômés du Québec et les travailleurs étrangers temporaires.
Malgré cette réouverture annoncée pour deux ans, il est important de rappeler que toutes les personnes ayant étudié ou travaillé au Québec ne pourront pas automatiquement présenter une demande. D’ailleurs, il ne sera pas possible de présenter une demande de sélection à titre permanent dans le cadre de ce programme en dehors des périodes de réception des demandes prévues.
Une première période de réception des demandes sera ouverte du 2 juillet au 31 octobre 2026, sans aucune limite quant au nombre de demandes pouvant être présentées.
Qui est visé par la réouverture du PEQ?
Le PEQ est composé de deux volets :
- le volet Diplômés du Québec ;
- le volet Travailleurs étrangers temporaires.
Chacun de ces volets comporte ses propres conditions. Il ne suffit donc pas d’avoir obtenu un diplôme au Québec ou d’avoir travaillé au Québec pour être automatiquement admissible.
Principales conditions de sélection du volet Diplômés du Québec
Pour être admissible au volet Diplômés du Québec, le candidat doit satisfaire aux conditions ci-dessous.
- Avoir obtenu d’un établissement d’enseignement québécois l’un des diplômes suivants : un baccalauréat, une maîtrise, un doctorat, un diplôme d’études collégiales techniques, un diplôme d’études professionnelles (DEP) de 1 800 heures ou un diplôme d’études professionnelles (DEP) combiné avec une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) totalisant ensemble au moins 1 800 heures.
- Séjourner au Québec au moment de la présentation de la demande.
- Avoir obtenu son diplôme ou son DEP et ASP au cours des trois années précédant la date de présentation de la demande de sélection à titre permanent (CSQ).
- Avoir séjourné au Québec dans le but principal d’y étudier.
- Avoir séjourné au Québec pendant au moins la moitié de la durée du ou des programmes sanctionnés par le diplôme et, le cas échéant, par l’ASP.
- Avoir effectué son ou ses programmes d’études en français ou bien avoir réussi au moins 3 ans d’études secondaires ou postsecondaires en français à temps plein.
- S’être conformé à toute condition de retour au pays imposée par une bourse d’études au Québec, le cas échéant.
- Faire la preuve de connaissance du français à l’oral de niveau 7 ou plus, ainsi qu’à l’écrit de niveau 5 ou plus, selon l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.
- Si son époux ou conjoint de fait est inclus dans la demande, celui-ci doit faire la preuve de connaissance du français à l’oral seulement, de niveau 4 ou plus, selon l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.
Chacune des neuf conditions doit être réunie pour être admissible à ce volet. Cela dit, il ne suffit pas d’avoir obtenu un diplôme d’un établissement d’enseignement québécois. Encore faut-il que ce diplôme fasse partie de la liste des diplômes admissibles.
Par exemple, le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) ne fait pas partie de cette liste, bien qu’il soit un diplôme universitaire. Il en va de même pour un diplôme d’études professionnelles (DEP), ou pour un diplôme d’études professionnelles (DEP) combiné à une attestation de spécialisation professionnelle (ASP), lorsque la durée totale du ou des programmes d’études est inférieure à 1 800 heures.
Le délai de trois ans : un élément déterminant
L’une des conditions importantes du volet Diplômés du Québec concerne le délai entre l’obtention du diplôme et la présentation de la demande.
Le diplôme doit avoir été obtenu au cours des trois années précédant la date de présentation de la demande de sélection à titre permanent.
Cette formulation doit être prise au sérieux. Elle exige de comparer avec précision :
- la date d’obtention ou de délivrance du diplôme ;
- la date à laquelle la demande est présentée.
Lorsque la date d’obtention du diplôme se situe près de la limite de trois ans, le calcul doit être fait avec rigueur. Une seule journée peut avoir une incidence sur l’admissibilité.
Dans le contexte particulier de la réouverture du PEQ, la date d’abolition du programme, soit le 19 novembre 2025, peut aussi être déterminante. Il faudra notamment vérifier si la période de trois ans était déjà écoulée ou non à cette date.
Principales conditions de sélection du volet Travailleurs étrangers temporaires
Outre certains diplômés du Québec, le PEQ est également destiné à certains travailleurs étrangers temporaires (TET) au Québec. Pour être admissible à ce volet, le TET doit répondre aux conditions ci-dessous.
- Séjourner au Québec dans le but principal d’y travailler, participer à un programme d’échange jeunesse visé par une entente internationale conclue par le Québec ou par un accord international conclu par le Canada, ou être titulaire d’un permis de travail délivré, pour des intérêts canadiens, à titre d’époux ou de conjoint de fait accompagnant.
- Avoir acquis une expérience de travail à temps plein au Québec d’au moins deux ans dans une profession appartenant aux catégories Formation, Éducation, Expérience et Responsabilités (FÉER) 0, 1, 2 ou 3, selon la Classification nationale des professions (CNP).
- Avoir acquis cette expérience de travail au cours des trois années précédant la date de présentation de la demande de sélection à titre permanent.
- Occuper, à la date de présentation de la demande, un emploi à temps plein au Québec dans sa profession d’expérience de deux ans ou dans toute autre profession appartenant aux catégories FÉER 0, 1, 2 ou 3, selon la CNP.
- Être en mesure de faire la preuve d’une connaissance du français à l’oral seulement, de niveau 7 ou plus, selon l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.
- Si son époux ou conjoint de fait est inclus dans la demande, celui-ci doit être en mesure de faire la preuve d’une connaissance du français à l’oral seulement, de niveau 4 ou plus, selon l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.
Chacune des six conditions doit être réunie pour être admissible à ce volet. Cela dit, il ne suffit pas d’avoir deux ans d’expérience de travail à temps plein au Québec. Encore faut-il que cette expérience ait été acquise dans une profession appartenant aux catégories FÉER 0, 1, 2 ou 3. En conséquence, les travailleurs étrangers temporaires qui occupent un emploi dans une profession appartenant aux catégories FÉER 4 ou 5 ne sont pas admissibles à ce volet.
Enfin, si le travailleur est sans emploi au moment de la présentation de la demande, ou si son expérience admissible a été acquise en dehors des trois années précédant cette date, il n’est pas admissible. Dans le contexte de la réouverture du PEQ, la date de suspension du programme, soit le 19 novembre 2025, peut s’avérer déterminante pour apprécier cette période de trois ans. Elle permettra de vérifier si celle-ci n’était pas déjà écoulée à cette date.
Une réouverture attendue, mais pas automatique
La réouverture du PEQ représente une occasion importante pour les candidats admissibles. Toutefois, cette occasion demeure limitée par des conditions strictes.
Les principales difficultés peuvent notamment concerner :
- la nature du diplôme obtenu ;
- la durée du programme d’études ;
- la date d’obtention du diplôme ;
- la catégorie FÉER de l’emploi occupé ;
- la période d’expérience de travail admissible ;
- la connaissance du français ;
- la situation de l’époux ou du conjoint de fait inclus dans la demande.
Chaque dossier doit donc être analysé selon ses faits particuliers.
Conclusion : valider son admissibilité avant de déposer une demande
Les délais seront serrés et la préparation du dossier devra être rigoureuse.
Avant de présenter une demande dans le cadre du PEQ, il est fortement recommandé de déterminer son admissibilité dès maintenant et de s’assurer que toutes les conditions sont respectées.
Une demande déposée sans vérification suffisante peut entraîner des conséquences importantes, notamment un refus ou une perte de temps dans un contexte où les périodes de réception des demandes sont limitées.
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